Dimanche 6 juillet 2008


Qu'adviendra-t'il de nos âmes décortiquées
numérisées, apprivoisées
Souriez,
Vous êtes filmés !



société de surconsommation
tiens vla l'inflation
industries de surproduction
halte à la pollution

matraquage d' publicité
couche d'ozone périmée
achetez achetez
videz les porte monnaie

participez au bien d' l'humanité
c'est bon pour l'économie de marché
consommez l'inconsommable
mettez en plein les tables

pauvres chômeurs en perdition
baisse des salaires à l'unisson
allez-y achetez achetez
ça permet d'exister

bientôt une puce dans la tête
dirigera vos moindre gestes
endormira les esprits rebelles
éteindra les étincelles

savourez partagez vos émotions
avec Dame compagne télévision
économisez vos imaginations
mademoiselle vous offre les solutions

l'ère de la nouveauté
écrira vos journaux intimes
avant mêm' que vous ne les viviez
bonjour l'progrès, bonjour l'abîme

dans ce monde qui avance
ne perdez pas la cadence
nous bâtissons vos futurs maisons
transformons vos ambitions

écrasons la nature l'authenticité
dans la course effrénée
tirons les ficelles d' l'humanité
dirigeons vos personnalités

voulons le beurre
et son argent
voulons le bonheur
de vos enfants

les futurs moutons robotisés
aujourd'hui condamnés
à entrer dans la danse
à suivre la mouvance

l'anarchiste façonné
dans leurs doigts
l'anarchiste sculpté
s'imagine Roi

de ses actes révolutionnaires
de ses paroles à contre courant
ne sois pas dupe les tortionnaires
te robotisent inconsciemment

la mal bouffe dans nos assiettes
le faux bio dans les supérettes
mastiquons miette après miette
le mélange indigeste

la note salée comme un couperet
pourrait narrer à l'infinité
la manipulation des esprits étiquetés
conter dare-dare les éponges noyées

à croire que les fous dans leur asile
qui s'imaginent que nous sommes fous
ont eu raison de leur folie dans nos flous
tous ces remous, j'retourne à l'asile !


Photos : Michel Devillers, http://devillers.viabloga.com/

par eoline publié dans : autrefois
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Mercredi 14 mai 2008


Sur la mer morte et sur l'idée fleuve du temps,
s'écoule en années tout mon chemin durant,
ces vents de papiers jusqu'au bateau d'argent,
La Feuille Océan.

Va, sur l'étoile filante et marche au pas.
Tremble sur ces chemins d'espérances et ne te retourne pas.
Il est des passages à vide qui vous remplissent de vous-même,
des brins de vies qui vous submergent dans l'amour comme dans la haine.

Va, rive symphonique sur le fleuve du temps.
Va, où la lumière t'emporte et l'océan t'appelle.
Écris, voix dans la nuit sur le chemin gravé du temps,
toi, qui d'un murmure d'une seule trace de pas, soudain irréelle.

par eoline publié dans : autrefois
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Samedi 10 mai 2008

 


Pleurer d'un manque abscons
et d'un "con" du manque
Le visage oblong de vérité
et la larme saline

par eoline publié dans : autrefois
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Samedi 10 mai 2008


on rampe comme des colliers de chair
à nos coeurs qui voudraient exploser d'amour
le reste, n'est que parcelle insondable
doute déifié
si ce n'est, bonheur cocufié

par eoline publié dans : autrefois
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Lundi 11 février 2008

Course poursuite sans fin. Course contre la montre. Monstruosité de l'apparat. Des enfants se promènent, le long des quais. Des rêves se prennent la main. Lentement, le duvet d'un poil, qui décline au soleil, prend nez. C'est une goutte d'au revoir sur la syllabe qui ne se dira. Ma main lui tourne le dos, paumes retournées vers le ciel. Comme un ainsi, ainsi et pourquoi. Presque accueillante dans l'absence.

C'est une poupée qui me nargue, elle est assise sur le banc du souvenir. Ses paupières sont closes, ses gestes sont... immobiles.

Il y a des pas que l'on ne compte pas pour rentrer dans le sous-bois de l'enfance.

C'est elle qui vous choisit, le jour et l'heure qui suit.

Passer d'un temps à un autre. Courir parmi les vents.
Il y a des nuages qui se promènent le long des quais.
Ils se présentent en un amas grouillant et lourd, parfois un peu léger. Lorsqu'une lumière, une éclaircie, les interpénètre et passe à travers vous. Le long de cette foule humaine. Comme une vague emportée par la mouvance des ans. Se baigner, se déchirer et se salir la paume. Une larme, c'est une merveille de menace qui tombe, un appel du sang qui vous maintient dans la cadence d'une aiguille, le tambour alerte, l'horloge éteinte. Tous feux voués vers... le sol.
Retenir son flot de vie.
Courir parmi les prés de l'enfance.
Le scintillement d'une bougie dans le corridor de la mort.
L'enfant et le vieillard qui marchent du même pas. Reliés à l'éternel chaos et à l'ordre qui s'organise.

Un pollen sur ma main. Un atome qui se fait. Je rêve d'une particule neutre.
Je vois l'écrit m'écrivant et la vie me faire.
Le bateau passe à côté et pourtant, ma vie se fait, obstinément.

Fenêtre sur cours, il y a une lucarne morte en haut des toits. Elle, si près des étoiles pourtant. On dirait que chaque branche, l'aiguise à contrefaçon, dans une lumière tronquée, dans une apparence faite, flouée au bec d'une espérance. Qui ne saisira plus... que son espérance encore.

Je rêve d'un pays qui n'a pas de nom et d'un nom sans visage.
Aucune enjambée ne peut le suivre.
Ni la matière le poursuivre, à ses dépends.

J'ai vu une vérité s'établir, le long des quais, c'est un passant anonyme. Qui n'a pas de nom et vous contemple aveugle dans ce que vous êtes et saisissant chaque mouvement du regard ou d'autres n'y verraient que feux qui bruinent. Comme un passant sans feu dans l'ardeur d'un moment.

C'est drôle comme les échanges se rendent compte que les au revoirs les saignent et nous attachent dans le même temps à ce qui n'est plus.
Oubliant la chaise où l'autre nous sourit comprenant le flot des marées et l'habit de la vie. La nécessité d'être là et d'avancer pas à pas, coûte que coûte certains d'être... incertains de tout.

Il nous aura fallu tout perdre pour devancer le silence dans une miette d'amour, dans une goutte d'au revoir.

J'ai vu le bitume se défaire et vu saisir la fleur que tu me tendais.
Particule vide, neutron de l'existence au joyau de l'espérance, s'espérer encore où qu'aille notre feuille, voletante parmi les vents.

Je la surprends, elle me suspend.
Dans un jeu aux basses grenouillères, à la fourbe d'avancer : colin-maillard.
Trouver ce pourquoi on est là et se rendre compte du rien : colin-maillard.
La vie est un marche pied, une descente aux enfers, un Ouroboros, ou dans l'infini, ou dans le sans fin ennuyeux. Deux rêves qui se regardent, deux mondes qui s'atomisent. Deux montagnes qui se font faces dans un même reflet.

J'ai vu la lune observer le soleil sur le dos d'un poisson.
Un nuage se défaire, une étoile prendre jour.
Joue contre joue baignée à l'humus du temps.

Sur la rive d'un rêve le flot de l'existence qu'on compte à rebrousse-poil.
Ne sachant plus à quel moment tenir,
à quel moment se laisser prendre.

J'ai vu une plume défier les lois de la gravité. C'est que la légèreté peut nous atteindre de lourdeur.
Face à un bonheur crû saisir et qui vous regarde de dos.
Comme ça, d'une traite, sans un regard jeté en l'air, sans une vaine miséricorde, sans une seule promesse à l'oeil.
Un oeuf qui s'étoile, un oeil qui s'ouvre à la lumière d'un petit matin.
Entre l'aube et la nuit, entre les deux mondes qui nous séparent. Le ciel qui se lie à la terre, imperturbable.

Chut. Colin-maillard. Baisser les voiles.

Un autre rideau fait jour, une autre vie prend oeuvre et le silence d'un flot d'encre, juste après le plouf... de l'existence.

Le monde à ses sommets s'écroulera bientôt de ne rien atteindre vraiment, dans une ruée de l'absurde, dans une autoroute à double-sens.
Le même chapeau sous la boîte de Pandore : un fétu de paille.
Un zeste qui sauve le pet de vie.


Eoline

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