Mardi 26 août 2008



" Arrachement de l'aube
au piétinement des fibres

...

J'ai dans mes pas les élancements de terre
Et dans le sang les échappées de mer

... "


Corinne Pluchart :

http://corinne.pluchart.over-blog.com/

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Samedi 12 juillet 2008


" L’obscurité était dans ses yeux aveuglant la route
elle avait atteint un point du cerveau, aussi le corps
une tête sans étoile, au dessus les ténèbres
la jambe comme un boulet freinant la lumière

Après lui, un vêtement allongé sur le lit
deux jambes de tissu mort, le pli creusé de l’absence
le genou ailleurs, le pull évidé de sa substance
le caleçon aplati de sa dernière érection
tel un fantôme il repose ailleurs

La mort à grande vitesse, elle danse
des embrassades dans les troncs d’arbre
des larmes alimentent le fossé
une caresse suit le cheveu, l’inclinaison de la nuque
l’épaule dans le vide que l’on soulève

A angle droit je suis la route dans le virage
trempée de la pluie, le macadam luisant
dans la pente infernale, l’escalier et ses marches
vers le chemin du cimetière
et passent les saisons

Des fleurs déposées dans la chambre, porte ouverte
un oreiller et sa mémoire
une odeur, je l’appellerai Présence
comment faire quand crie la voix, irraisonnée

Tu peux remonter le temps contre le tronc déchiré
comme un soleil couchant te frotter à l’écorce
jusqu’au sein irrité, rien que des souvenirs
cela ne changera rien "


Lutin – 08-07-2008 : http://secretslutin.canalblog.com/


par Lutin publié dans : extraits
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Jeudi 10 juillet 2008


je dirai que l'extrait pris à ses débuts p 10-11 environ

n'est qu'un pourcentage infime vu l'ampleur du Livre ;-) (dans les 500 pages)
au départ on apprend qu'il se pend un jeudi, ni à l'aube, ni au crépuscule
comme habituellement à ce qu'il paraît ! et pourquoi un jeudi ? etc.

voici donc la suite : 


     " Me suicider un lundi. Décaniller à la fraîche. Tel un petit commerçant poujado-lepéniste cisaillé par un redressement fiscal de trop. Pleurnicher sur un équilibre comptable en dernier idéal d'existence, avant de lâcher à contrecoeur la rampe d'une petite vie de rat somnambule...
     Impossible ! 

     Attendre l'opportunité des fêtes de fin d'année, tel un petit vieux abandonné. Guetter, en déchet humanoïde, en fripe oubliée, le pic de ces périodes d'hystérie commerciale, de bombances programmées, un enième caleçon avec dessins salaces en cadeau au courrier d'un père Noël de supermarché. Taper à contrecoeur dans le chocolat annuel envoyé par le député ou le maire du coin. Essuyer les bonne-année-bonne-santé d'un écran de télévision, subir les gluantes embrassades de lointains animateurs. Puis se fondre en solitaire dans le plus glacé de la nuit. Avant de se finir sur une gueule de bois d'encouragement, dorlotée aux barbituriques de l'ultime déveine...
     Impensable ! 

     Me saborder en petit Blanc cacochyme, en vieillerie interchangeable, en commun mortel usagé...
     Trop peu pour moi ! 

     Je n'étais pas de la trempe de ces grincheux au rebut, exclus de toute humaine considération, scotchés au simili sentiment dégoulinant d'une omniprésente télévision, arrimés aux années grignotées à l'endurance, couvant de la mort discrète, n'attendant que la permission d'un trop-plein de non-vie, l'exaspération de la plus étouffante des solitudes pour se raturer sans bruit, partir en petit pet inodore. 

     Quitte à claquer la porte de l'existence, autant le faire pour des raisons personnelles, qui vaillent la peine de partir en solo et la majesté du dernier souffle. Disjoncter brutal, pour cause de ruine ordinaire, d'invivable isolement...
Mourir à l'étouffée sur un dernier bêlement de raccroc.
     Non merci ! 

     Je n'étais ni jeune, ni vieux, encore moins commerçant, et surtout pas romantique attardé. Unique propriétaire de ses choix de mort et d'un agenda de vie arrivé à terme, le Ben Bibi. D'un autre calendrier, le Mohammed ! D'une autre vie couvant de la mort sensuelle, prenant le temps de mûrir, de se mériter. D'une autre solitude. D'un autre savoir-partir. Avec élégance et dignité.
     A défaut de savoir-vivre, j'étais d'un savoir mourir qui ne sied qu'aux déclassés de grande envergure. Aux mutins irréductibles. Aux seuls aristocrates existentiels ayant su porter leur deuil une vie durant. Ni trop longue. Ni trop courte. Achevée et sectionnée à point ! 

     Ils ont dit que j'étais un Arabe amnésique. Un genre de Franco-Algérien indéterminé. Une sorte de fou convalescent. Que, avant de quitter la scène des gueux de ce bas monde, j'abritais clandestinement une personnalité double, parfois triple, voire multiple. Que j'étais fêlé et lessivé du dedans.
     Ils ont décrété que ça sonnait creux derrière mon regard de déprimé chronique. Que, dans ma caboche d'abruti, ne subsistait qu'un condensé de vapeur surnageant au-dessus d'un compost de mémoire.
     Qu'ils disent ce qu'ils veulent, les journalistes ignares, ainsi que tous les rats des cabinets de consultation appelés à la rescousse, en cautions soi-disant scientifique, médicale, psychiatrique, sociologique... Et va savoir quoi encore ?
     Qu'ils continuent de me cramer à loisir sous les mots stériles de leurs spécialistes. Qu'ils persistent à me clouer dans le bois mort de leurs prétentieux discours. Qu'ils pérorent et postillonnent tant qu'il leur plaira.
     Leurs stupidités ne peuvent plus m'atteindre.
     Je suis mort. 

     Et les médicaments dont ils m'ont gavé, les séances d'hypnose auxquelles ils m'ont soumis, les expériences auxquelles ils m'ont contraint, ainsi que les essais pseudo-curatifs qu'ils m'ont fait endurer, ne leur ont été d'aucun secours pour remonter aux sources de ma vérité. Et ce n'est pas demain la veille que je passerai à je ne sais quel posthume aveux !
     Je suis mort. 

     Mais moi, moi seul, je sais pourquoi. " 



                                       Ahmed Zitouni : http://www.ahmedzitouni.com/


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Jeudi 10 juillet 2008

" Temps de fin sans espérance.


Flétrissement des heures
en habits rouges
en vol solaire
à coups d’ailes désordonnés.
Rutilance pour mieux marquer
l’absence prochaine
celle que toujours
on pressentait.

Caresse de l’ombre froide
soupir de l’invisible
le temps se défait.

Une porte sur l’arrière-cour
soif de départ ou de partage
ou d'infini peut-être
coulisses où l’on se serre
en attente de la nuit.


Pensées crécelles qui étourdissent.
Les mots d’un vieux poème
reviennent
en battements.
On guette l’aube
dans l’entre-deux
tel un oiseau sur un fil.

Les mots d’un vieux poème
reviennent
taraudent
et masquent la violence
du présent… "


Agnès Schnell : http://lapoesiequejaime.net/a_schnell.htm


__________________
"Écrire est un acte d'amour.

S'il ne l'est pas, il n'est qu'écriture."

Jean Cocteau



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Mercredi 9 juillet 2008
par Tracy Chapman publié dans : extraits
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Mardi 8 juillet 2008

ça commence ainsi


Dans Totems de sable

par Joël Vernet, page 9-10 :


CELLE QUI N'A PAS DE NOM


" Celle qui n'a pas de nom s'en va dans la vieillesse,

offrant ses derniers jours à la folie, aux vents sauvages,

aux bruits nocturnes, à l'orage qui cogne dans sa tête,

qui cogne sans relâche, invectivant le monde et la terre.

Le monde, lui, ne répond pas. C'est dans son habitude.

Il a tant d'autres choses à faire, tant d'aventures à

traiter, tant de visites à rendre. Le monde suit son

cours à une allure bien plus folle. Pourtant, le soleil

brille sur les pierres où je suis revenu ; la pluie frappe

les vitres ; la neige recouvre les épaules ; nos pas se

perdent dans les feuilles mortes. Celle qui n'a pas de nom

est là, auprès de quelques autres, assis tout au fond

d'un couloir. La maison est très simple : il y a des

fleurs, une rare lumière pour égayer l'endroit. On entre

ici comme si l'on prenait le chemin de l'enfer. Il y a

des visages, plutôt des masques qui n'entendent plus

rien. Il y a des bouches mortes où les mots sont absents.

Mais surtout, il y a des regards, des regards que c'en

est à pleurer. D'où viennent-ils, où vont-ils, quel fil de

lumière suivent-ils ? Ce sont des yeux sans âge,

déchirés par l'horreur, noyés dans la souffrance, en panne

d'espérance. Ce sont des yeux, oui, des yeux d'êtres

vivants qui ne regardent plus. Elle est là, menue, dans

la pénombre de sa robe. Celle qui n'a pas de nom n'est

pas devenue folle. Elle a rejoint le tonnerre de l'enfance,

le tonnerre des premiers jours. Il est comme un

sourire sur sa bouche. Elle a rejoint l'attente en me

tendant ses bras amaigris par le temps. Elle a rejoint

la terre d'où s'élèvent les voix les plus justes, les voix

qui ne mentent pas. "



aux éditions FATA MORGANA

http://pagesperso-orange.fr/g.carrot/joel_vernet.htm

par Joël Vernet publié dans : extraits
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Mardi 8 juillet 2008
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Jeudi 3 juillet 2008


Extraits:

"On a tous des images en tête en regardant. Et regarder s'apprend. Un photographe reconnaîtra immédiatement un visage photogénique, un esthète la beauté de la lumière un soir d'été, un chef cuisinier le poisson à la chair la plus délicate. Pour saisir les nuances d'une couleur, pour en construire l'évidence, il faut des mots, sinon elles resteront invisibles. Il y a trois siècles, les fabricants japonais de teintures de kimono possédaient cent dix mots rien que pour le noir, quand-vingt-dix pour le gris. Les Esquimaux, eux, utilisent une quinzaine d'adjectifs pour décrire les différents blancs de la neige.

...


Peut-être plus que les images, les saveurs ou les sons, les odeurs possèdent une rare puissance d'évocation, ravivant instantanément notre mémoire. Elles peuvent nous emporter loin, très loin dans le temps (...) Des expériences sur des malades dans le coma ont prouvé qu'en présence de certains parfums ils pouvaient même verser des larmes de joie (cf. La Saveur du monde, de David Le Breton).


Le toucher, le sentir


(...) Si un homme perdait le toucher, disait Rodin à Camille Claudel, il mourrait."


de Dominique Loreau

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Loreau
 

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Mardi 1 juillet 2008


Extrait écrit, pages 101-102 :


" A sa majorité et quelques chairs connues elle alla habiter avec le fiancé aux yeux qui saphiraient et aux dimanches limpides. elle lui compta le sable il l'aida comme il put mais la pelle était lourde et ses membres si frêles...

De part et d'autre l'ennui le moelleux le glucose finirent par empâter les papilles c'est classique. Elle resta toujours tendre avec le fiancé. Même après la déroute. Il reste toujours menthe dragibus colorés et c'est aussi le seul témoin d'avant la suite qu'elle peut voir en souriant et en faisant exprès. elle lui rendit la bague il lui rendit la pioche elle rangea ses affaires et prit une majuscule.

Elle oubliait parfois jusqu'au visage du père. Elle oubliait souvent et un jour au réveil elle constata sourdine que la voix s'était tue. Elle compulsa photos et l'abîme étrangeté profila la gloutonne minauderie du vertige. Elle se crut si sauvée qu'elle commit pire impair en négligeant le fait que le sable est mouvant. "

par Chloé Delaume que vous pouvez trouver ici :
http://www.chloedelaume.net/

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Samedi 28 juin 2008



" Le cri même si on ne l’entend pas se prolonge... "

Lutin : http://secretslutin.canalblog.com/


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