Mercredi 30 avril 2008


Quand Lutin s'essaie au portrait !
Fort, très fort...
et merci pour ton partage (sourire)



Le regard





Elle a peur de la profondeur de l’œil
de la paupière en forme de guillotine
la sentence est dans la pupille quand les mots ne suffisent plus

Elle a peur de la main
quand les doigts secouent les mots sur le papier
le verdict est au bout de l’ongle quand il trace sur le papier l’incision à jamais
le pouvoir des mots ne gommera jamais la distillation

Elle a peur de la voix
caverneuse de sa tombe elle remonte
s’étale en surface et se rassemble en tourbillon
et la voilà capturée
son souffle contre le sien
un lasso autour du cou

Les larmes une à une sectionnées saignent
sur la feuille
la sueur perle
la langue boit l’imaginaire
elle entend la raison glisser son mot à l’oreille



lutin - 28-04-2008

http://secretslutin.canalblog.com/

par Lutin publié dans : extraits
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Mercredi 30 avril 2008

                                                       
       Les anges ne sont,                              
         que des corps agglomérés,                     
       agglutinés, dans un espace,                     
       trop silencieux.                                
                                                       
                                       
        Et la foudre de temps en temps,                
           les ranime.                                 
          Réveille leurs ailes d'acier,                
         leurs bouches de tonnerre,                    
          leurs ongles de pluies.                      
         Tandis que s'oxyde le jour,                   
           que l'enfant s'infiltre, effrayé,           
           entre,     ses deux parents.                
                                                       

par eoline
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Mercredi 30 avril 2008



oui, je ne tarderai pas

et le ciel et les heures attendent
sur ce drap froid et blanc
où linceul de sa mort guette patiemment
le bruit que font nos pas
les gestes que tissent nos mains
de sa faux

oui, je ne tarderai pas

quel jour quelle heure je-ne-sais
de quelle couleur sera la robe du temps
serais-je posée là, étalée, nue,
d'un corps rapetissé
déjà ne m'appartenant plus

oui, je ne tarderai pas,

qu'est-ce un siècle après tout ?
une infime particule face au millénaire
en attendant, avec les vivants
autant que faire se peut
s'être surtout, au plus sourd des moments
au plus fort de la tempête

aimer,
être colère et sang,
paix aussi

non, je ne tarderai pas


par eoline
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