ab irato
je ne sais pas
ce que l'hiver
donne au jour d'éclat
je confonds
les saisons les matins
je me perds
dans un brouillard
où tout se noie
de nos atomes
éparpillés en tout sens
des sables las
en attente d'un baiser,
de mer !
de tous ces rires
aux larmes gouttelettes
jusqu'à la gerçure
le sel brûlant
il y eut l'endroit
où l'on berçait nos regards
et puis l'eau trouble
les couleurs emmêlées,
informes
presque nauséeuses
j'ai vu la neige
laver
l'espace d'un instant
ou, masquer ?
on aurait pu
défaire nos cravates nouées
bain de minuit sous la pluie
danser pieds-nus là où tout meurt
sur ces cratères
les cendres s'encensent
et tout air encensé
sans le sens
un visage s'affine
un corps s'évapore
une étoile naît
peut-être le murmure des amours
dans le jour qui court
vers cette nuit où tout va
entend !
la musique des sphères
il y a des cataclysmes où tout se meurt
des voix où l'océan s'engouffre
des gosiers pas tout à fait clairs
et l'univers qui nous rend, si petit,
infime minuscule être
qui tente de sa minuscule possibilité
de "s'être"
et on nous dit parfois grandioses ?
il y a ce pli qui revient
sur cette lèvre souriante
cet "albumine" de soleil
balancé dans un verdâtre
relent
il y a toute cette poussière d'orage
ces amoncellements de corps
ces êtres qu'on oublie
ces rideaux tirés, dans le bousculement...
il y a tous ces chambardements
on pourrait encore pousser la donne
plus loin encore...
on pourrait !
"por que se faire !"
inutile fatras
inutile désordre
il y a une densité quelque part
un appel d'air aussi
et tout ce qui nous émiette
nous soulève aussi
de tout cela faire table rase
devenir cette page vierge ?
impossible !
il nous faut faire avec
marcher coûte que coûte
la tête haute, si possible,
au possible
j'aurai voulu
ciel de mes yeux pas tout à fait clairs
une page d'aurore
un gouvernail léger
une voilure aérienne
que les vents emportent
vers l'horizon failli
allumer les réve-rbères
un à un
s'échauffer aux pieds des lampadaires
sous la lune absente
créer son étoile bien plus grande encor'
loin du sang jailli
des foules à l'abandon
des terreurs d'oubli
des ventres plein d'air
loin de tous ces gris
créer la lumière
vers ces gris
là où la "terre" corrompt
là où la foule implore
que pleuvent cette pluie d'aurore
ces soleils factices
où l'âme se réchauffe encor'
juste un liseré vert
une poussière d'étoile
où l'homme pulse
du dedans (...)
par eoline
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au plus simple
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