Eden
dis-leur toi
les jours longs
les silences lents
les peines
les lèvres pincées
la vie qui retient
au lieu de s'étendre
cet Enfer-mement
parle-leur
des jours de pluie
sans arrêt
dans ce sud
sous le gris
déversé
glissée
conte-leur
nos enfances
rondes
comme des ballons
pleines et fougueuses
de nos colères bien trempées
de ce tout ou rien qui nous prenait
boudeurs, joueurs, entiers
un moment il a fallu
traverser les frontières,
passer,
grandir.
et je suis... si petite
rien dans les poches
rien dans les yeux
rien dans le coeur
un sommeil sans sommeil
un rêve devenu...
de ces ardeurs
où tout refroidit
de cet arbre
où rien n'embellit
de cette saveur
affadie
la vie retenue
vers cet allant - élan
repris
dans le lit sans fond
Limon / Errances
Labyrinthe
le tourneboulé
"chambardés",
des éléments,
La vie.
de ce qu'on imaginait
de ce qu'on pensait
malgré...
dans le fond des corps... coeurs
de ce piédestal où l'oeil enfin reçoit,
la chute, Sa chute
la fatalité de cet avenir qu'il discerne,
découvre, parfois, ainsi
de tout cela
de ces routes que l'on croyait
sur le même chemin
empruntées
(allant-vers)
de cette perte
où l'inconfort
règne en maître
de ce paysage
devenu vague
devenu rien
raconte-leur
ma vie plaquée - vaquée
semée - plantée
ma perte du mot
mon language d'acier
ce qui roule plomb
coince
lorsque je me découvre,
froide,
glacée
sous le soleil censé chanter
faire pousser
de cet accent qui nous connaît
il n'y a plus que des arbres décharnés
des montagnes sans fard
des corps nus sous l'asphalte
d'un ciel bétonné, armé
"sans paupière où fermer "
j'aurais voulu dessiner un mouton
être ce petit prince en vadrouille
ce coeur lagon
un air me pique
un soulèvement se fait
une tique prise de panique
dans la jambe de bois
attelle sur attelle
où l'on croit percer,
toucher, cerner le vivant
dans la cellule cérébrale
de nos coeurs en partance
Irraisonnée
"foutre" le camp sous un ciel guimauve
appeler un chat un chat
même si c'est d'un chien qu'il s'agit!
aboyer sous la lune
loup hurlant sans étoile
rentrer dans l'antre
l'aile lourde, la patte usée
dis-leur toi l'été