Mercredi 28 mai 2008

                                                                           
                                                                                                 Eden

dis-leur toi
les jours longs
les silences lents
les peines
les lèvres pincées

 

la vie qui retient
au lieu de s'étendre
cet Enfer-mement

 

parle-leur
des jours de pluie
sans arrêt
dans ce sud
sous le gris
déversé

glissée

 

conte-leur
nos enfances
rondes
comme des ballons

 

pleines et fougueuses

 

de nos colères bien trempées

 

de ce tout ou rien qui nous prenait
boudeurs, joueurs, entiers

 

un moment il a fallu
traverser les frontières,
passer,
grandir.
et je suis... si petite

 

rien dans les poches
rien dans les yeux
rien dans le coeur

 

un sommeil sans sommeil
un rêve devenu...

 

de ces ardeurs
où tout refroidit
de cet arbre
où rien n'embellit
de cette saveur
affadie

 

la vie retenue

 

vers cet allant - élan
repris
dans le lit sans fond

 

Limon /  Errances 
     Labyrinthe 



le tourneboulé
"chambardés",
des éléments,
La vie.

 

de ce qu'on imaginait
de ce qu'on pensait
malgré...
dans le fond des corps... coeurs



de ce piédestal où l'oeil enfin reçoit,
la chute, Sa chute

 

la fatalité de cet avenir qu'il discerne,
découvre, parfois, ainsi

 

de tout cela
de ces routes que l'on croyait
sur le même chemin
empruntées
(allant-vers)

 

de cette perte
où l'inconfort
règne en maître

 

de ce paysage
devenu vague
devenu rien

 

raconte-leur
ma vie plaquée - vaquée
semée - plantée
ma perte du mot
mon language d'acier
ce qui roule plomb
coince

 

lorsque je me découvre,
froide,
glacée
sous le soleil censé chanter

faire pousser


de cet accent qui nous connaît

 

il n'y a plus que des arbres décharnés
des montagnes sans fard
des corps nus sous l'asphalte
d'un ciel bétonné, armé

"sans paupière où fermer     "


j'aurais voulu dessiner un mouton
être ce petit prince en vadrouille

 

ce coeur lagon

 

un air me pique
un soulèvement se fait
une tique prise de panique
dans la jambe de bois

 

attelle sur attelle
où l'on croit percer,
toucher, cerner le vivant

 

dans la cellule cérébrale
de nos coeurs en partance
Irraisonnée

 

"foutre" le camp sous un ciel guimauve
appeler un chat un chat
même si c'est d'un chien qu'il s'agit!

 

aboyer sous la lune
loup hurlant sans étoile

 

rentrer dans l'antre
l'aile lourde, la patte usée


par eoline
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Mardi 27 mai 2008



besoin de mettre un frein
un rire bémol
à l'accélération soudaine
et compulsive du monde,
de l'écrit

juste tisser quelques liens
quelques déliés
pour moi unique'
en égoïste que je suis

Bonne nuit

par eoline publié dans : miette du jour
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Lundi 26 mai 2008




je te découvre
toi et moi vivants
nous deux sous le même toit
deus ex machina
uniquement dans l'irrésolu
dans l'inconnu
qu'un rien éloigne
qu'un tout diverge
à quand l'Ange
la descente d'un rai

 

par eoline
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Lundi 26 mai 2008



     si tu pouvais m'offrir, le ciel!
     la répartie d'un sourire
     la fièvre où tout s'emballe
     époumonés

     je déballe un à un les cadeaux
     quelques-uns empoisonnés
     et d'autres,
     Trésors immenses

     si je pouvais défaire
     ou plutôt,
     laisser les rubans
     à leur place

     ne surtout pas secouer
     me laisser "imager"
     toute la terre tremblée
     et leur ciel intérieur
     dans le bousculement
     de nos vies
     dans l'éboulement qui nous mène...
     vers les hauteurs

     bien que très bas,
     parfois;
     Las, aussi

     je marche à l'aveugle
     et m'imagine sous ce gris,
     une pluie de lumières

      un épi vers le jour Soleil

par eoline
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Lundi 26 mai 2008

" La bouche ouverte dans le vent

Les lettres et les notes folles se bousculent
Borborygmes devenant
Balbutiements imperceptibles
A la commissure des songes
Qui frémissent doucement…

Dans la déchirure des nuits bleues
Le soleil lentement dévoile ses rêves
A coups de langue râpeuse et obstinée
Léchant avec amour ses blessures
La peau que l’on devine
Rose, dans l’échancrure
S’ébroue d’un sommeil évanescent

L’air a le goût du sang

Imprégnée la pluie fait lever les sillons
Qui ne se veulent plus ornières
Tel un levain puissant à qui rien ne résiste
La vie s’éveille et le noir se vide

Les sanglots sont à peine étouffés
Que déjà apparaît dans le creux des rides
La morsure du sel déposé par les larmes
Imprimée Comme un baiser précieux
Qui serait le présent d’un passé fertile "



Toulouse,
mercredi 21 mai 2008

__________________

Katie

que vous pouvez trouvez ici :
http://www.accents-poetiques.com/agorasv6/showthread.php?t=1898

par Katie publié dans : extraits
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Lundi 26 mai 2008

inspirée par Zac
(http://www.accents-poetiques.com/agorasv6/showthread.php?p=7748#post7748)


il nous vient l'heure
le souffle emberlificoté
la tête pleine de non-réponses
où l'on vadrouille à qui mieux-mieux
où l'on se perd à qui pourra
le jeu du chat de la souris
le jeu pourri qui minaude
fait la fine bouche
et tôt ou tard , plouf
d'une étincelle partie en flamme
d'une flammèche devenue femme
d'un corps cendré où tout désarme
une larme tombe, une tombe bombe
une bombe plombe
la mise à mort d'un amour
aussi furieux qu'un Matador
le vent de bohème aux oubliettes
on pulse à l'eau en vain
chercher le feu sacrée
la source désaltérante
et puis, plouf !
re-plouf
on se fixe s'établit
chemine main dans la main
deux coeurs unis
amoureux, énamourés
la volonté vaille que vaille
et et et

"il n'y a que aïe qui m'aille"


par eoline publié dans : d'humeur "brouillon"
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Lundi 26 mai 2008



dis-leur toi l'été
les "dérapés"
le jour qu'on ajourne
la vie calcinée

dis-leur toi
l'irrespectueux
qui traîne sa jambe
de fer

le carbonisé
silencieux

la bouche offerte
aux vents brûlants

ne compte pas
sur la fraîcheur
pour revivifier
le tout

                 dis-leur
je t'en prie

ce qu'on étrangle
réduit en cendres
les infamies
l'oeil injecté de sang -
les invectives / descentes
injections / déchéances
parle-moi muet surtout

et puis tais-toi !

                  dealer

 

par eoline publié dans : errance
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Lundi 26 mai 2008

" C’est un matin où rien ne vient.

Eveillé à peine, on se laisse mourir au monde. On a quitté les songes à pas de loup. Ils nous gênaient, ils chantaient la voix aimée, celle que nos ailes trop grandes ont étouffée.

La radio nasille. Les jours sont graves, les mots étroits. Si étroits qu’on les croit en langue lointaine. On n’écoute pas, on se sentirait affaibli. On ne pourrait pas se défendre. On pourrait juste opposer nos mots toujours incontrôlables, toujours contractés.

C’est un matin de brume. On essaie d’en sortir, de revenir vers les autres. On presse alors les signes pour que naisse le poème. Les doigts courent sur le clavier. On brode à points trop serrés, à l’envers. On voudrait que naissent d’autres images. Celle d’une femme, peut-être, qui soliloquait. Elle a effacé à jamais nos sourires. Elle nous a bercé de lumières froides, d’étoiles éteintes. Elle craignait tant pour son âme qu’elle oubliait notre existence.

On voudrait que naissent d’autres images, et non pas celles qui s’imposent et que l’on refoule, que l’on repousse vers le rien.

Cette nuit, on a frôlé la frontière. On l’a longée dans l’obscur. On était dans une autre nuit plus profonde. Le réveil fut en escalier, douloureux et obsédant. On était dans le songe d’une nuit plus dense. Celle d’un mois d’août, il y a peu. On écrivait. Comme alors. On voulait se relire, mêler les voix. On ne voyait que des lignes sinueuses, capricieuses, indéchiffrables. On ne comprenait rien, on ne lisait rien, sinon cette phrase répétée à l’infini, qui nous inquiétait par son étrangeté : l’écriture, levain des âmes frappées…

On était en colère contre les brumes de l’âme, l’opacité des écrits, leur sens fragile. On était en colère contre tout ce qui nous encombrait et que l’on craignait, lézardes, frivolités, boues… "


Agnès Schnell :   
http://lapoesiequejaime.net/a_schnell.htm


__________________
"Écrire est un acte d'amour.

S'il ne l'est pas, il n'est qu'écriture."

Jean Cocteau


par Agnès Schnell publié dans : extraits
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Dimanche 25 mai 2008


où bat le coeur ?


je suis d'un triste
sans poésie
d'une lumière affadie
par le temps
et l'écume au visage
bave-crapaud
la vie au fond
de la mare
sans appel

un canard
un coin-coin
d'un rien
même pas imperméable !

par eoline publié dans : au plus simple
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Dimanche 25 mai 2008

...pulsé vers l' Infini

                                                                                                     "oh ma douleur ! sois sage et tais-toi !"
Je suis là j'attends
dans l'atteinte d'une heure silencieuse/
indéfinie
l'heure douce et bienvenue
la rumeur d'un vent adoucie
le déferlement de nos chairs exsangues
devenues roses, douces

Elle était l'emblème sur lequel
tu dessinais tes critères
Ta peau aboutie en quelque sorte
Elle était ce vent qui cingle
qui hurle aux abois dans la nuit
dans la déchirure du Temps
Elle t'innondait,
et toi éprise de ce Libre-Vent
sans escale

Tu aurais pu
aller au gré
Te laisser porter
par ses courants
devenir cette peau flottante
ce morceau de bois
dans cette mer destinée

Flotte un radeau immobile
comme un relent surgi du passé
où l'enfance naît morte
où il n'y a pas de ventre
où accueillir
dans les flots sanguins d'une marée
descendante
qui a perdu osmose
et la Lune divergente

Peut-être sur ce bateau-Nuit
suspendue à tes étoiles
le voile déchiré
la peau enfin offerte
au large sans enclume
la vie pleine

par eoline
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