Quand Lutin s'essaie au portrait !
Fort, très fort...
et merci pour ton partage (sourire)
Le regard

Elle a peur de la profondeur de l’œil
de la paupière en forme de guillotine
la sentence est dans la pupille quand les mots ne suffisent plus
Elle a peur de la main quand les doigts secouent les mots sur le papier
le verdict est au bout de l’ongle quand il trace sur le papier l’incision à jamais
le pouvoir des mots ne gommera jamais la distillation
Elle a peur de la voix
caverneuse de sa tombe elle remonte
s’étale en surface et se rassemble en tourbillon
et la voilà capturée
son souffle contre le sien
un lasso autour du cou
Les larmes une à une sectionnées saignent sur la feuille
la sueur perle
la langue boit l’imaginaire
elle entend la raison glisser son mot à l’oreille
lutin - 28-04-2008
http://secretslutin.canalblog.com/
par Lutin
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Les anges ne
sont,
que des corps agglomérés,
agglutinés, dans un espace,
trop
silencieux.
Et la foudre de temps en temps,
les
ranime.
Réveille leurs ailes d'acier,
leurs bouches de
tonnerre,
leurs ongles de
pluies.
Tandis que s'oxyde le
jour,
que l'enfant s'infiltre, effrayé,
entre, ses deux
parents.
oui, je ne tarderai pas
et le ciel et les heures attendent
sur ce drap froid et blanc
où linceul de sa mort guette patiemment
le bruit que font nos pas
les gestes que tissent nos mains
de sa faux
oui, je ne tarderai pas
quel jour quelle heure je-ne-sais
de quelle couleur sera la robe du temps
serais-je posée là, étalée, nue,
d'un corps rapetissé
déjà ne m'appartenant plus
oui, je ne tarderai pas,
qu'est-ce un siècle après tout ?
une infime particule face au millénaire
en attendant, avec les vivants
autant que faire se peut
s'être surtout, au plus sourd des moments
au plus fort de la tempête
aimer,
être colère et sang,
paix aussi
non, je ne tarderai pas
je ne veux plus rien entendre
de vos élucubrations
de vos sciences sans étoile
l'âme enfouie dans un tréfonds
dans une cave d'oubli
je voudrais la douceur
l'âpreté
le polissage des galets
la grandeur d'une dame
plus grande encor
où l'âme effeuille la marguerite
jette son corps par-dessus l'aurore
dans ses voyages sans fin
je voudrais
persiste-et-signe !
Lieu où toute vie
ne s'encercle ne s'en-cave
où cases'élargies
nos horizons dépassent, débordants
je voudrais
mains pleines de gouaches
mais qui suis-je donc pour désirer ?
mon royaume contre ton bout de pain ?
nécessité
là où tout tranche où le bât blesse
certains n'ont plus place aux rêves
Elle était la tombée d'une nuit sans lune
la pulvérisation
pluie fine qui pénétrait la terre des hommes
où l'ombre renaissait le jour venu
les arbres avaient l'air de fantômes décharnés,
visages menaçants, le moindre bruit prenait ampleur,
la moindre fougère balancée, Terreur
une grotte un endroit où se perdre
un abri où se faire
emmêlée dans cette Foule trop compacte
cette marée colossale écrasant tout sur son passage
cette claustrophobie face aux tours hautes comme le ciel
où le soleil ne passe
plonger ce corps dans cette boue
y mêler nos chairs-terre
en ressortir lavée
j'ai mal au coeur
lorsque je vois
lorsque j'entends
je ferai mieux de fermer
mes écoutilles
ne plus entendre cette télé
scander
le bruit du monde alentour
la folie, le barbarisme
le monde en friche
l'être laissé à l'abandon
et personne ne sait
et personne ne voit
combien d'autres encor
par eoline
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il y a les heures capitulées
le monde qui prend pli sur le rebours de la vie
à contretemps
il y a ce temps qu'on voudrait suspendre
cette minute trop longue
cet instant où tout passe à vive allure
il y a Einstein qui disait , Einstein qui savait
lui que l'on disait... , lui que l'on pensait ...
je voudrais exploser tous ces cadrans
laisser l'homme en marche et libre
le temps d'une errance
le temps d'un voyage à l'arrêt
d'une enfance qui joue,
le temps d'un père qui n'a pas le temps
d'une mère trop occupée
d'un enfant qui ne voudrait pas, leur ressembler
lui qui ne comprend pas, ce temps dont personne
n'a l'heure
lui pour qui, hier est tout à l'heure
pourquoi s'y file si vite
le temps n'a plus le temps
mon étoile prise de panique
sous le filon argent
nous étions accrochés
à des lunes opaques
des souvenirs sans teint
où s'embourbaient nos vies
nous étions l'os
où reposait le corps
comptant sur sa solidité
sur sa force
nous nous sentions invincibles
dans cet âge où tout s'ose
enfin presque
presque sans peur
quasi téméraires
assombris parfois
entiers dans nos élans
"trouillés" surtout
malgré nos rages,
nos colères, et nos forces
si faibles et misérables
si peu
même pas un pet dans la mare
juste un canard trempé
et le monde riait
montrait du doigt
et le monde oubliait
ses autres doigts
et la vie nous narguait
et l'on voulait déjà
SA totalité
on avait cru
tout comprendre
tout porté déjà
on avait cru
un simple battement du vent
une simple feuille tombée
un simple mot jeté
on savait
tout pouvait
l'invulnérable tremblait
de tous ses pores
et tandis que marche la nuit à grand pas
et tandis que le jour naissant s'annonce incertain
dans ce visage où se profilent nos contours imprécis
tout déjà s'efface,
et l'empreinte et le pas
tout déjà s'enfuit
... dans la rougeur diffuse
Elle était cette voix qui tissait des instants
elle était ce passage vers la lumière d'orient
ce voile en organdi, cet air épicé, ces parfums ensoleillés
elle était la saveur douce et sucrée, cannelle et miel
elle était ruche et abeille Reine et ouvrières
Elle était.
et c'est le dard piqué, la fièvre envolée
ce mouvement furtif or et noir
vers l'absolu vide de l'inexistence
Quand depuis, l'éphémère divague...
par eoline
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ma plume s'est tarie
dans l'encrier asséché
de ridules en ridules
vers ces sillons oubliés
de cette terre renversée
aux poussières orageuses
reste un sel emmêlé
à mes lèvres
comme un parfum
d'à peine
dans ces à peu près
desservis
comme un ange traverse
le courant d'un ciel
dans le fil tenu
de la vie