rien qu'un ciel qui se découvre
une pensée qui se surprend
à trembler
un infini trop long
dans le ressac...
de vaguelettes en vaguelettes
vers cet horizon déjà enfui
une étoile en bordure de plage
un gris au plafond trop bas
et le ressac...
mes musiques se noient
à l'appel d'une mer
ventre où se broient
de fissures en fissures
dans le ressac...
les pieds nus je vais
la peau mouillée j'ose
et se retient,
face au ressac...
la joie qui aurait pu
l'exultation des corps
le sang s'écoule
puis le ressac...
à tombeau ouvert
aux paysages lents, aux silences d'orage
aux oraisons tristes, aux matins funèbres
aux cliquetis tremblés dans une saute d'humeur
on entend palpiter, au loin, au fond des heures creuses
la clameur de l'océan, l'ivresse d'une épave à l'abandon
elle, et ses rêves sans nombre, ses idéaux devenus linceul
elle tisse les derniers fragments d'un voyage sans fin,
d'une amertume faite
elle a le goût du roc, de l'abîme vermoulu
quelques poissons y vont, quelques abris s'y font
lorsqu'un pan de ciel tombe,
on voit y luire, l'étoile, d'un dernier regard,
sous le prisme d'un Dieu absent
Lieu, où l'éternité-même, se perd...
mes yeux s'oxydent
neige de carbone
il pleut des cendres sur la Tamise
"Ta pensée parfois
tu la sens qui se froisse
et t’échappe.
Ne crois pas que l’obscur
soit inhabité
ne crois pas que les ombres
soient sans forces.
Tu marches sur la pointe de ton âme
sur les éclats pillés
de ton histoire.
Quitte doucement ton inutile fatras
ce magma de trop plein de mémoire
de trop vif de trop grave.
Ne crois pas que l’obscur
soit sans force.
Il happe au hasard les fièvres
et en forge des entraves.
Tu resteras dans l’inachevé
la parole suspendue
le non-dit sur tes lèvres scellées.
Tu seras dans la nuit
toujours."
Agnès Schnell
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"Écrire est un acte d'amour.
S'il ne l'est pas, il n'est qu'écriture."
Jean Cocteau
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"C’est la touche de déséquilibre qui fait
que l’œuvre est œuvre et non pas décor..."
Fred Vargas
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laisse-moi l'instant tenace
le rire accroché
la réplique qui pousse en plein soleil
que la nuit ne soit
qu'une barque où le corps repose
l'encre à la dérive
vers des continents encore flous
mais que rien ne désespère
complètement
il y a ces nuits longues à traverser
ces déserts à la portée immense
ce surplus à poser
ce goût d'inachevé sur les lèvres
puis,
l'oasis
le refuge des corps
d'île en île
les sables mouvants
l'enlisement
Eoline
tout brûler
puis renaître
dans un autrefois
différent
tes yeux écument au bord du fleuve
l'empreinte lourde des mouvements
tout sourd et tremble
tout est folie, tonitruant
un ciel oublieux des êtres qui le regarde
une lune à l'abandon qui couvre les chemins d'à peine
tes yeux qui ne déssillent, ton univers qui se fend
tout tourne et vacille, tout planche et soudain,
une larme plombe, ce roc de marbre
elle ne servira à ranimer
il n'y a aucune tombe où pleurer
aucune histoire où se perdre
s'emmurer
s'intenter
tuer le noeud qui voudrait pousser
la fleur s'élever
"asséchez ces larmes que je ne saurai voir !"
les mots dansent et tournent
ritournelle d'un triste
tête contre le sol
face à terre
respirer la poussière
de plus près
tu m'égares, je me perds
"comme des mers"
ta voix se perd
dans le silence
le port altier
toi
et ton allure fière
lorsque tu t'en iras
là où brûlent les ombres
vers ces zéniths où l'âme brûle
dans ce mitan où l'homme mistral
s'enflamme
je voudrais pouvoir
épurer les mots
épurer la vie
laisser place à l'essentiel
la voix nue
la voix mue
je brûle d'un feu
où les vagues écument
les mots retenus
la vie désarmée
consumée
Comment je fais
si les mots manquent à mes mots
si je ne sais exprimer
si les routes sinueuses
dressent des remparts tout du long
comment je fais, dis !
pour m'élancer, franchir les murs
jeter mon coeur à travers la barrière
si tout cogne de l'intérieur
et s'asphyxie, tout petit,
si petit
Il y eut tout d'abord
des couleurs qui ne collaient pas
puis ce vert, (comme une évidence)
trouble, eau de rivière,
un sentiment d'appréhension ou d'oppression
puis je l'ai voulu, clair ! comme l'amande,
amère ? peut-être
j'ai voulu y glisser l'espoir
et c'est de chagrin... qu'il signe,
signifie
Ecrire (...)
Les jours se lancent
indociles et fragiles
un papillon poursuit
vole, éphémère
Ta vie se noie
de chagrins en miettes
emportées par les
oiseaux de passage
un été indécent
une autre ouverture
sur le monde
et nos vies nébuleuses
désirs "in-exaucés"
une enfance plane
là où les sillons
se creusent
une fille simple
à la peau "brute"
et au regard
"mat"
perce les mystères
venant de loin
décèle toutes les
ombres
gardienne d'un
troupeau
surveillante d'un
lieu jadis
où les étés fleurissent
les hivers rigoureux
mains calleuses, voix portée
au soleil
elle sait tout leurs noms
quand d'autres comptent
les moutons anonymes et
sans collier
d'une nuit sans sommeil
elle tombe, plonge
et Morphée la rejoint...

" Un lit, quatre murs
Voilà où finissent
Ceux qui ont trop rêvé
De s’enivrer d’air pur
Plongés à jamais
Dans la folie d’une goutte d’eau dans un peu de vin "
" j’écoute voler les anges mais…
Le glissement de leurs ailes me fait peur, "
" Et parce qu’enfin jamais mes mots n’épouseront la certitude "
"Sur les pavés je reconnais
Les larmes au milieu des gouttes d'eau. "
" J’avais sur l’avenir
Un regard innocent, des bras tendus et des mains
Prêtent à recueillir et à semer les graines "
" promener ma folie
Aux quatre coins de la vie
Pour que mes mots brisent
Et déchirent la glace de vos silences
Qui les menacent, "
" Des non-dits qui en disent long
Et des mots pour interdire. "
" mal aimés et malmenés "
" Nous nous perdons de vue "
Valérie Gonzalez
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