Lundi 31 mars 2008


rien qu'un ciel qui se découvre
une pensée qui se surprend
à trembler
un infini trop long
dans le ressac...


de vaguelettes en vaguelettes
vers cet horizon déjà enfui
une étoile en bordure de plage
un gris au plafond trop bas
et le ressac...

mes musiques se noient
à l'appel d'une mer
ventre où se broient
de fissures en fissures
dans le ressac...


les pieds nus je vais
la peau mouillée j'ose
et se retient,
face au ressac...

la joie qui aurait pu
l'exultation des corps
le sang s'écoule

puis le ressac...

par eoline
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Lundi 31 mars 2008


à tombeau ouvert

aux paysages lents, aux silences d'orage
aux oraisons tristes, aux matins funèbres
aux cliquetis tremblés dans une saute d'humeur
on entend palpiter, au loin, au fond des heures creuses
la clameur de l'océan, l'ivresse d'une épave à l'abandon
elle, et ses rêves sans nombre, ses idéaux devenus linceul
elle tisse les derniers fragments d'un voyage sans fin,
d'une amertume faite
elle a le goût du roc, de l'abîme vermoulu
quelques poissons y vont, quelques abris s'y font
lorsqu'un pan de ciel tombe,
on voit y luire, l'étoile, d'un dernier regard,
sous le prisme d'un Dieu absent
Lieu, où l'éternité-même, se perd...

par eoline
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Dimanche 30 mars 2008


mes yeux s'oxydent

neige de carbone

il pleut des cendres sur la Tamise

par eoline
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Dimanche 30 mars 2008


"Ta pensée parfois

tu la sens qui se froisse
et t’échappe.

Ne crois pas que l’obscur
soit inhabité
ne crois pas que les ombres
soient sans forces.

Tu marches sur la pointe de ton âme
sur les éclats pillés
de ton histoire.

Quitte doucement ton inutile fatras
ce magma de trop plein de mémoire
de trop vif de trop grave.

Ne crois pas que l’obscur
soit sans force.
Il happe au hasard les fièvres
et en forge des entraves.

Tu resteras dans l’inachevé
la parole suspendue
le non-dit sur tes lèvres scellées.

Tu seras dans la nuit
toujours."

Agnès Schnell

__________________

"Écrire est un acte d'amour.

S'il ne l'est pas, il n'est qu'écriture."

Jean Cocteau

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"C’est la touche de déséquilibre qui fait

que l’œuvre est œuvre et non pas décor..."

Fred Vargas

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   laisse-moi l'instant tenace
   le rire accroché
   la réplique qui pousse en plein soleil

   que la nuit ne soit
   qu'une barque où le corps repose
   l'encre à la dérive

   vers des continents encore flous
   mais que rien ne désespère
   complètement

   il y a ces nuits longues à traverser
   ces déserts à la portée immense
   ce surplus à poser
   ce goût d'inachevé sur les lèvres

   puis,
   l'oasis
   le refuge des corps
   d'île en île

  
   les sables mouvants
   l'enlisement

   Eoline 

 

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Dimanche 30 mars 2008

"Là-haut, si le silence portait, si le silence nous y emportait, si la saveur du vide n’avait plus que le goût du sable.

Là-haut, les fumées pas celles des nuages non, pas celles des fumeurs de Havane non, les fumées d’un cœur à cendres majorées, là dans une hypothèse qui se colle la malchance coté couleur et, qui apparaît donc dotée du plus beau noir, du plus noir de la nuit, celle qui chasse la lune avant de sortir là haut.

Elle danse, tourne les paumes dressées vers le ciel, se collant au plus près des fumées, se portant au plus proche du soir qui, ample porte à la suie la texture de sa robe bleu avec un peu de lumière, mais là, elle aussi s’enfuit, quand elle danse, tout s’écarte sauf la nuit…

Elle danse, pour éviter de penser, pour se réfugier dans le geste musical, se posant entre deux coups de vent, elle danse, pour s’éviter chasse un pas de coté, pose, en reposant un autre pas plus loin, refait l’aube en fréquentant les humeurs de la nuit qui vient.

Là-haut, c’est ainsi qu’elle nomme la colline de valerio, là-haut, quand on perd un peu de son cœur on monte y danser, on y passe les nuits, à se réfugier sans fin, une nuit blanche au sein d’une nuit noire, une nuit de danse au plein d’une nuit qui ne pense plus, qui ne penche plus, qui se tient droite, digne, tranquille à la toute fin, quand tout s’endort, oui tout s’endort à la fin."

Amadéo Venturi

Lien : http://pant.savarts.com/pant-en-toutes-lettres/amadeo-venturi/l-haut/

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mes yeux se noient dans l'ivresse d'un soir qui déraisonne

j'avais besoin de mettre, un peu de poudre d'or, de scintillement,
et je me vois à compter, les pas faits, les pas absents,
les heures où le silence vous tranche du cadran
ne faisant pas un pas dans le même monde
n'étant pas tout à fait, ni là, ni ailleurs
alors oui ! je voudrais danser !

Eoline

par eoline
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Vendredi 28 mars 2008


tout brûler
puis renaître
dans un autrefois
différent

tes yeux écument au bord du fleuve
l'empreinte lourde des mouvements
tout sourd et tremble
tout est folie, tonitruant

un ciel oublieux des êtres qui le regarde
une lune à l'abandon qui couvre les chemins d'à peine
tes yeux qui ne déssillent, ton univers qui se fend
tout tourne et vacille, tout planche et soudain,

une larme plombe, ce roc de marbre
elle ne servira à ranimer
il n'y a aucune tombe où pleurer
aucune histoire où se perdre

s'emmurer

s'intenter

tuer le noeud qui voudrait pousser
la fleur s'élever
"asséchez ces larmes que je ne saurai voir !"
les mots dansent et tournent
ritournelle d'un triste

tête contre le sol
face à terre
respirer la poussière
de plus près

par eoline
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Jeudi 27 mars 2008


tu m'égares, je me perds

"comme des mers"
ta voix se perd
dans le silence
le port altier

toi
et ton allure fière
lorsque tu t'en iras
là où brûlent les ombres

vers ces zéniths où l'âme brûle
dans ce mitan où l'homme mistral
s'enflamme

je voudrais pouvoir
épurer les mots
épurer la vie
laisser place à l'essentiel

la voix nue

la voix mue

je brûle d'un feu
où les vagues écument
les mots retenus
la vie désarmée

consumée

par eoline
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Jeudi 27 mars 2008


Comment je fais
si les mots manquent à mes mots
si je ne sais exprimer
si les routes sinueuses
dressent des remparts tout du long
comment je fais, dis !
pour m'élancer, franchir les murs
jeter mon coeur à travers la barrière
si tout cogne de l'intérieur
et s'asphyxie, tout petit,
si petit


Il y eut tout d'abord
des couleurs qui ne collaient pas
puis ce vert, (comme une évidence)
trouble, eau de rivière,
un sentiment d'appréhension ou d'oppression
puis je l'ai voulu, clair ! comme l'amande,
amère ? peut-être
j'ai voulu y glisser l'espoir
et c'est de chagrin... qu'il signe,
signifie


Ecrire (...)

par eoline
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Jeudi 27 mars 2008



Les jours se lancent
indociles et fragiles
un papillon poursuit
vole, éphémère
Ta vie se noie
de chagrins en miettes
emportées par les
oiseaux de passage

un été indécent
une autre ouverture
sur le monde
et nos vies nébuleuses
désirs "in-exaucés"

une enfance plane
là où les sillons
se creusent

une fille simple
à la peau "brute"
et au regard
"mat"
perce les mystères
venant de loin
décèle toutes les
ombres
gardienne d'un
troupeau
surveillante d'un
lieu jadis

où les étés fleurissent
les hivers rigoureux
mains calleuses, voix portée
au soleil
elle sait tout leurs noms
quand d'autres comptent
les moutons anonymes et
sans collier
d'une nuit sans sommeil

elle tombe, plonge
et Morphée la rejoint...

 

par eoline
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Mercredi 26 mars 2008


" Un lit, quatre murs
Voilà où finissent
Ceux qui ont trop rêvé
De s’enivrer d’air pur
Plongés à jamais
Dans la folie d’une goutte d’eau dans un peu de vin "

" j’écoute voler les anges mais…
Le glissement de leurs ailes me fait peur, "

" Et parce qu’enfin jamais mes mots n’épouseront la certitude "


"Sur les pavés je reconnais

Les larmes au milieu des gouttes d'eau. "


" J’avais sur l’avenir
Un regard innocent, des bras tendus et des mains
Prêtent à recueillir et à semer les graines "

" promener ma folie
Aux quatre coins de la vie
Pour que mes mots brisent
Et déchirent la glace de vos silences
Qui les menacent, "

" Des non-dits qui en disent long
Et des mots pour interdire. "

" mal aimés et malmenés "

" Nous nous perdons de vue "


Valérie Gonzalez

Lien : http://pagesperso-orange.fr/mots.totems/

publié dans : extraits
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