L'heure s'annonce "lézardeuse", fêlée
"Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière." *
Les rêves sont, comme colliers de plomb
sur des cous supportant déjà des têtes lourdes
pesantes, pleines d'inutiles
Rien qu'une pierre jetée à la surface de l'eau
où l'onde se propage en cercles concentriques
Existe-t'il une possibilité dans le battement d'ailes
d'un papillon ?
* Michel AUDIARD
Eoline
" Si cherchant mon salut je passe pour damné. "
Adam BILLAUT
des musiques se jouent à notre insu
y a comme un dieu du ciel un papillon des mains
qui tisse les accords les anicroches
serpente dans nos fils cérébraux
à nous rendre marteau
goûter à la mer
prendre un dernier bain d'enclume
y rester
parmi les débris épars
les fantômes du temps
rêver à d'autres saisons
loin des mornes ficelles
qui se jouent
une touche un piano
c'est que le corps humain
secoue
il y a des notes à ne pas toucher
des accords à oublier
des routes à ne surtout pas creuser
des cadavres gisent sous nos pas
comme les ombres suivent les corps
et s'éveillent la nuit
à ces bouts d'êtres éparpillés dans la galaxie
et qui se savent
aux réajustements des coeurs dans des corps
en désaccords
à ces grandes âmes passant le flambeau vers
le pas qui libère
à l'amour qui pousse encore à croire en l'humanité
malgré le sordide qui traîne encore sa jambe de bois
aux diverses expressions qui permettent de se dire
autrement que par des mots
aux regards qui reposent et aux mains qui apaisent
au souffle qui libère peu à peu son ancre vers un bateau
plus léger
aux rêves papillons qui ouvrent les portes cadenassées
Merci...
Eoline
" Ma vie est limitée, mais mon esprit ne l'est pas. "
Zhuang Zi
" La mesure de l'amour est d'aimer sans mesure. "
Saint Augustin
" Ce qui ne peut danser au bord des lèvres - s'en va hurler au fond de l'âme. "
Christian Bobin
Un rêve en hibernation
allant vers son coma profond
Un poisson d'argent
accroché à la cheville
Une musique en marche
vers des parfums nouveaux
Les yeux lisent entre les lignes
laissent à l'espace sa densité
devinent la transparence
Une main plonge dans le sable
ce filet d'or se répand
Une étoile des mers à l'abandon
Une balançoire tangue
sans personne à bord
Un fantôme continue d'errer
dans les rues de la vie
Un doux refrain se fait entendre
c'est la voix d'une enfance
qui n'a de cesse depuis
ces temps reculés
Tes yeux pleuvent de larmes vides
il pleut sur toi
Le ciel traîne les déchets d'une rue
à l'autre
lave les sols qui n'absorbent plus
Une chaîne en boucle passe
les mêmes informations
Il gît dans ma mémoire
ce caveau aux bras tendu
Eoline
au point du jour, je m'en irai
dans l'air cotonneux
vers ce champ d'oubli
d'autres pousses prendront
certains riront de dépit
et dans la voie aveugle des jours
la lune renversée
tombera à pic
vers cette falaise d'aplomb
où l'homme se crée tout un monde
un soleil rougeoyant, finira de saigner
Eoline
on dit que la roue tourne dans le cadran de la vie
que les rires peuvent être gras, les regards vicieux
qu'il y a de l'amour qui traîne quelque part
au fond de chacun de nous
que les yeux sont "les fenêtres de l'âme"
qu'il y a une ouverture possible dans le chemin
de notre vie
que tout n'est pas ni tout blanc ni tout noir
qu'il existe des nuances
et le ciel s'atomise se fatigue de nous entendre
qu'en pensent les morts au-delà des mots
qu'en pense la source d'où tout jaillit
sommes-nous les dindons d'une farce à la vie ?
les soi-disant vivants, fantomatiques des jours
il y a des rires pleins des matins heureux
oui, celà existe
apporter un sens au non-sens
souffrir du non-sens
une maladie de la vie où la faim comblée,
le toit, l'abri, vient poindre
Eoline
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