tu avances
visage qui peint
les corps en filigrane
tu soudoies, l'instant
t'achètes des moments
vies viles et factices
bouts d'être éparpillés
ton silence est d'orage
ta pluie silence
ta pulsation muette
comme mort en tête
jusqu'au bas des corps
tu fourmilles
un siècle depuis est passé
un autre visage le remplace
des vies traînent le long des quais
des traces depuis, effacées
un sourire d'enfant sur la margelle du temps glisse
l'aiguille tricote inlassablement son heure
et de minutes en délires
de folies en éclats de voix
le ciel s'effrite
le bonheur se veut à la minute
dans du condensé papier
des chiffres sans fin
la tactique du tic-tac n'en a cure
elle vomit vos pas sur les chemins
grain de sable qui rouille les mécaniques
"Ô temps ! suspends ton vol" *
un oiseau joue à se balancer sur une branche
le rossignol enroué chante sa douce revanche
un canard qu'on canarde et un autre enchaîné
Eoline
* Alphonse de Lamartine