" La clairvoyance est le seul vice qui rend libre.
Libre dans un désert. "
Cioran
" La clairvoyance est le seul vice qui rend libre.
Libre dans un désert. "
Cioran
je suis partie d'un cheminement
triste
à une route scabreuse, dans l'océan triste
de nos maux
ai découvert, multiples plaies, multiples blessures,
saignantes, de l'intérieur, à l'intérieur
toujours les mêmes barrières et frontières,
les mêmes murs érigés,
les froideurs face , aux désordres intérieurs,
quand tout nous submerge ainsi
nous voudrions crier, haleter, accrocher
et nous savons
dans le glissement, les dératés, les silences,
les bousculements de l'être, les enflures et gerçures
aussi,
l'âme affadie, disséminée partout tout autour,
dévastée par la pierre, éclatée
et les vagues se recouvrent d'autres vagues,
et d'autres confluents, affluents, divergences...
la mine minée, le crayon lacérant, la page livide
de nos mots, sans substance aucune,
face à la pesée d'une plume voletante,
elle avait ce peut-être besoin d'une aile et d'aide
dans ses yeux comme des puits profonds,
il y a des silences et des nacelles sans grand départ,
le raffiot déjà failli.
juste un bout du ciel, à fleur d'eau
quelque chose d'immense, loin de l'étau
où tes yeux éclatent, perles d'eau
"l' Enfer c'est les Autres" disaient-ils
qui déjà ?
et qu'importe, flaques où s'intensifie,
le ciel qui goutte,
vers ce berceau, de ces eaux-sang,
à ces eaux-sangsue ...
se souvenir de ces beaux vers,
dans la source qui parle "à la mer",
de ce Monsieur Victor Hugo,
dans l'espace de nos petits n'os :
" La source tombait du rocher
La source tombait du rocher
Goutte à goutte à la mer affreuse.
L'océan, fatal au nocher,
Lui dit : - Que me veux-tu, pleureuse ?
Je suis la tempête et l'effroi ;
Je finis où le ciel commence.
Est-ce que j'ai besoin de toi,
Petite, moi qui suis l'immense ? -
La source dit au gouffre amer :
- je te donne, sans bruit ni gloire,
Ce qui te manque, ô vaste mer !
Une goutte d'eau qu'on peut boire. "
Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil : Les contemplations)
mes yeux vont, dans l'incessant livide,
courent, sur l'océan des mots,
se cherchent, une place au soleil,
dans la coursive des lettres, dans l'interstice
des lignes, La page vide
il résonne, un parfum de "m'as tu vu"
sur les jupes envolées
quelques miettes d'atome, explosif
le rouge pétarade, la neige en feu,
dans des yeux ronds comme des biches,
troués d'asphalte
il y eut, l'été qui mourait de trop,
l'été qui mourait d'un rien,
de ces petits feux dans la brousse
à tes yeux lance-flammes,
Incendie.
depuis, les jupes vont,
la neige fond,
sous le soleil,
une page vole
" battement d'aile
papillon
bruit de soie "
Elle réfléchissait
dans l'obscurité
alpaguait le silence
en faisait des confettis
dans " L' abandon lumineux "
" Le peu a tout exigé. A requis toute la force de l'inutile ... "
par Joël Vernet
seul sur le seuil
un nid d'ange pour tout royaume
une arête sur la tranche du mur
la fixité d'un regard plongé
dans la danse du Paon
la roue tourne
et les lèvres inversées
comptent à rebours
la voix des contes , immémoriale
le pas feutré des fantômes traînassant
nous disions, ils disaient :
"un vieil homme qui meurt , c'est une bibliothèque
qui brûle" *
est-ce que le bouc fait l'homme
est-ce que la blancheur est l'immaculée
seul sur le sol,
le marbre ne se cabre
et ne répond
le paon fait le beau
sur cette terre de feu
* En Afrique, un vieil homme qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle, a écrit Amadou Hampaté Bâ.
" ... D'autres étaient restées au pied des colonnes,
debout dans leurs meurtrissures. " (Pierre Nothomb)
Il y eut ta peau
qui cherchait à s'accrocher
à des soleils faussaires
Ton rire Narcotique
ta silhouette entrevue
sur la glace brisée
Un matin de colère
Ce "capharn-Aum" ,
désordre ambiant, dans
lequel tu te retrouves
et t'y retrouves
des miettes éparses sur
le sol , jonché d'étoiles
Les bras lourds des jours
où l'on voudrait, s'enfoncer
davantage
Tu te souviens les bains
de boue
les points noirs éclatés,
la pupille aux aguets
Le putride et l'humus
ont leur place dans
l'eau vaseuse des
jours
Tu voudrais Statufier
des grains d'âme,
bulles d'oxygène
Les moments te parvien-
nent
et glissent...
(...) seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes,
plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler,
à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir,
sur leur gouttelette presque impalpable (...)
[Marcel Proust]