"On s'ennuie de tout, mon ange, c'est une loi
de la nature ; ce n'est pas ma faute."
- Laclos, Les Liaisons dangereuses
"La plus grande chute est celle
qu'on fait du haut de l'innocence."
- Heiner Müller, Quartett
ton esprit tremblait
ta bouche susurrait
une enfant allait
les aubes s'enfonçaient
vers des crépuscules
roussis
un souffle ailé
deux petites ailes
poussait, zêlé
dans les cendres
de nos chemins
de traverse
à nos déroutes
le doute poussait
poison vorace
des coeurs
dans cette corde-lierre
des angles
où tout apprêtait
...
nos souffles tombaient
plates limaces
en bande
aucun papillon
dans la sarabande
du jour
ni la coquille

labyrinthe labyrinthique
de ces pays d'où
on ne revient
à ces mâts de cocagne
glissants
gisant
j'ai tenté en vain
racler pour éclaircir
la voie
la route ne se donne
il nous faut heurter
encore et à coeur
c'est que
ce besoin
d'ancre solide
de pierre
...
d'une sente
d'un quelque part
où reprendre...
vous qui savez
par eoline
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cette morsure...
rien qu'un soleil
une voile d'ombres
un caillou en nombre
mes yeux se perdent
dans l'essaimé ,
le vif , l'incertain
il ruisselle
dare-dare
nos heures piquées
les univers faillis
tombe-tombe-tombe
au loin,
toute sirène hurlante
tout rêve damné
de cette vallée des larmes
à cet appel lointain
vers cette rive asséchée
il pleut , nos jours capitulés
nos capitales devenues minuscules
un enfant continue
à se balancer,
serein
et le serin nous serine
de son air maudit
nos singeries
bienvenu au bal masqué
des ombres !
la dentelle d'une bouche
prête à mordre
"stop the machine"
je n'y crois plus
j'ai percé l'heure
jeté les pendules
un couac coincé
la mine bouche bée
le train d'un retour
come back
il n'y a plus d'heures
come down
l'aiguille résonne
s'enfonce
dans la mécanique
nos coeurs automates
"respirer sans perdre la tête"
(Lutin : http://secretslutin.canalblog.com/ )
il ruisselle
en mon coeur
il pleut des ardeurs
dissoutes
l'aube a tout emporté,
qu'un écrin, laissé vide
aux abois
et les vagues passent
la vie diluée, dans un sac d'os
il pleut des cordes
sans discontinuer
sous l'abribus
n'être pas plus à l'abri
seule parmi des milliers
seuls et emmêlés

peinture : http://devillers.viabloga.com/
"apologie" du buveur
d'eau et autres
gorgées...
une fièvre l'habitait
le consumait
elle s'est éteinte
au petit jour
sans bruit aucun
une page cendre
recouvrira ses fantômes
dites-leurs la paix
du pas tombé
la vacuité
lorsque neige s'écume
que poudreuse
dans le fil émoussé
du langage effrité
une bulle d'oeuf
jaune pâle
sur l'oreiller
de ces soleils
dont on se faisait
le vent
poursuit sa course
"ostensiblement"
elle jouait
à chat perché
la faucheuse
aux blés d'or
un jour , une lettre
fera un pied de nez
le rire ouvert
comme savent s'ouvrir
ceux qui fanent
les elle dans
des il venteux
en rafales
tu iras au fond
du puits
il n'y aura plus
d'eau
par eoline
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"Il faut imaginer Sisyphe heureux." (Albert Camus)
il y eut tes pas dans le couloir
des va et vient,
cette voix qu'on emprunte, chuchotée
cet autre nous-même qui couve silencieux
et se voudrait explosif
un jour , une arme,
un jour, un trop plein
un déboussolement de l'être
les voisins dirent
elle avait pourtant l'air
tout a toujours l'air d'avoir l'air
que fait-on des chansons
des pas heurtés dans le vague,
vers le basculement falaise
un jour, quelqu'un,
un jour un autre toi ou un toi
un jour à l'abri puis
aller cueillir cet oiseau qui tangue
au bout de la branche
s'enfonce dans le souk des coeurs
ce souffle zélé, emporté, empoté
respirer à plein
cueillir le bleu derrière un nuage
la lumière grappe dans un rire en partage
un jour un toit
et cet espace danse
tout alentour
il y eut d'abord tes pas
ta voie sans issue
le mouvement lent des vagues
puis l'émergement
d'un poisson impromptu
je n'ai pas vos sciences et vos langues
la gorge mue , l'esprit anthropophage
et s'encerclent nos voix, caracolent nos langues,