j'ai mal au coeur
lorsque je vois
lorsque j'entends
je ferai mieux de fermer
mes écoutilles
ne plus entendre cette télé
scander
le bruit du monde alentour
la folie, le barbarisme
le monde en friche
l'être laissé à l'abandon
et personne ne sait
et personne ne voit
combien d'autres encor
par eoline
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il y a les heures capitulées
le monde qui prend pli sur le rebours de la vie
à contretemps
il y a ce temps qu'on voudrait suspendre
cette minute trop longue
cet instant où tout passe à vive allure
il y a Einstein qui disait , Einstein qui savait
lui que l'on disait... , lui que l'on pensait ...
je voudrais exploser tous ces cadrans
laisser l'homme en marche et libre
le temps d'une errance
le temps d'un voyage à l'arrêt
d'une enfance qui joue,
le temps d'un père qui n'a pas le temps
d'une mère trop occupée
d'un enfant qui ne voudrait pas, leur ressembler
lui qui ne comprend pas, ce temps dont personne
n'a l'heure
lui pour qui, hier est tout à l'heure
pourquoi s'y file si vite
le temps n'a plus le temps
mon étoile prise de panique
sous le filon argent
nous étions accrochés
à des lunes opaques
des souvenirs sans teint
où s'embourbaient nos vies
nous étions l'os
où reposait le corps
comptant sur sa solidité
sur sa force
nous nous sentions invincibles
dans cet âge où tout s'ose
enfin presque
presque sans peur
quasi téméraires
assombris parfois
entiers dans nos élans
"trouillés" surtout
malgré nos rages,
nos colères, et nos forces
si faibles et misérables
si peu
même pas un pet dans la mare
juste un canard trempé
et le monde riait
montrait du doigt
et le monde oubliait
ses autres doigts
et la vie nous narguait
et l'on voulait déjà
SA totalité
on avait cru
tout comprendre
tout porté déjà
on avait cru
un simple battement du vent
une simple feuille tombée
un simple mot jeté
on savait
tout pouvait
l'invulnérable tremblait
de tous ses pores
et tandis que marche la nuit à grand pas
et tandis que le jour naissant s'annonce incertain
dans ce visage où se profilent nos contours imprécis
tout déjà s'efface,
et l'empreinte et le pas
tout déjà s'enfuit
... dans la rougeur diffuse
Elle était cette voix qui tissait des instants
elle était ce passage vers la lumière d'orient
ce voile en organdi, cet air épicé, ces parfums ensoleillés
elle était la saveur douce et sucrée, cannelle et miel
elle était ruche et abeille Reine et ouvrières
Elle était.
et c'est le dard piqué, la fièvre envolée
ce mouvement furtif or et noir
vers l'absolu vide de l'inexistence
Quand depuis, l'éphémère divague...
par eoline
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ma plume s'est tarie
dans l'encrier asséché
de ridules en ridules
vers ces sillons oubliés
de cette terre renversée
aux poussières orageuses
reste un sel emmêlé
à mes lèvres
comme un parfum
d'à peine
dans ces à peu près
desservis
comme un ange traverse
le courant d'un ciel
dans le fil tenu
de la vie
" Après l'orage
Les arbres rêvent
et de leurs songes secoués de sanglots
s'évadent des gouttes d'au-delà
Nuit silencieuse
sans lune
sans étoile
sombres éclairs
Et dans la ville vide
aux avenues bordées d'oranges métalliques
une passante
la tête dans les nuages
laisse voguer son coeur
au rythme de son vélo
le regard illuminé d'une larme de rêve
Tombée d'un arbre au sommeil chagriné.
-----
...
Coeur écoeuré
par les sans-coeur
brise-coeur
arrache-coeur
crève-coeur
...
noeuds de nous
dénudés
-----
...
dé de nous
décomposé "
Emilie Notard
que se passe-t'il
pour que tout se taire
se statufie
et l'essence et les coeurs
et les âmes engrangées
quelque part
dans ces sillons où la terre
nous rabroue
dans ce vase, peau inversée
rire éclaté
l'os saillant
par eoline
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prendre un taxi
l'âme tranquille
loin de ces auto-stops
dans l'air douteux
et se retrouver,
étalée quelque part
entre l'arbre et la feuille
entre cette terre et ce ciel !
qui n'a rien entendu
de ces hurlements déchirés
dans le vent
brûlée, menotée...
Susanna, ça chantait l'été
dans la fleur de l'âge
Susanna...
par eoline
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je ne sais ce que tu penses
de ce rire circonflexe
de cette montagne de peaux
masquée derrière d'autres mots
de ces histoires de rien
de ces bouts d'être épars
et la lune s'en ira pâlir
le bord d'une fenêtre
le coin d'une âme in-tranquille
portée par la voix du silence
dans la nuit qui me parle
dans ce matin où le sommeil ne vient
dans ce défilement où la pensée s'égare
portée par cet outsider dérapé
lancé tel un boulet à travers le monde
avec ces mots qui ne sonnent, ne résonnent
effleurent seulement
les effluves laissées sur les chemins
l'odeur putride d'un temps
le déferlement de couleurs...
la voix muette
par eoline
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Tu es cette poésie où l'être s'interroge perplexe
il fut un temps, tout semblait si facile, tout coulait
comme de source
et les eaux mènent toujours quelque part
subies, choisies,
que sont ces routes ?
Il y eut l'étrange dureté, l'âpreté
d'un silence
un envol gracile, fragile
une feuille glissée quelque part
Il y eut ce trou immense
cette pente sans défense
ce cheminement où tout part à vau-l'eau
cette vie qu'on laisse aller
ce passage sans étoile
sur les chemins marqués
les routes tant empruntées
les paysages d'un visage
qui n'a vécu pourtant que peu
qui ne se sait et ne se saura
Je pose un voile à tout ce silence
à tout ce fatras immobile
Je m'offre une plage de sables
sous un ciel mélangé
par eoline
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