je n'écris plus
que des rais
des lumières faillies
des absences pleines
je n'écris plus
que des rais
des lumières faillies
des absences pleines
Il pleut du sang
dans l'entre-deux
des rêves en fuite
dans l'obscurité du je
Il fait nuit noire
silence prenant
des perles vies
s'évaporant
L'enfer jouissif
d'un Dieu aux prises
avec nos Néants
Lui Qui ...
Lui Qui ...
Lui Qui ...
c'était un soir
la peau flottait sur l'horizon distordu
on comptait les moutons noirs
les rires étaient à l'abattoir
un "électro-choque" peut-être ?
il avait les tympans troués
de cette musique qui scandait
sa danse infernale
de ces vertiges vertigineux
où l'abîme détale, Dédale
Icare s'en est brûlé les ailes
"à ne voler ni trop haut ni trop bas"
voulait-on
et ce "on" sans fin avec faim
et ce "on" qui dévore aussi parfois
le "nous" tremblé, le "je" retenu
il comptait les moutons noirs
Tyrannie des soirs désespoirs
son corps flottait
je te lis parfois sur les océans livides des pages sans voix
me surprends quelques fois à tourner tels ces coquillages spirale
dans le noeud des jours naissants
le crabe enfoui, le quelque part pincé
nos intérieurs vacillants
fermer les yeux goûter la brise l'envol des oiseaux
le paysage lent
" Je rêve... je ne vis plus... Je me suis fait épingler dans un trompe-l'oeil... "
Eric-Emmanuel Schmitt

lune d'orient
parfum d'un matin dissout
les heures s'éloignent
dans la tranche d'un rêve obscurci
tu comptes cette aiguille
où les êtres se réparent en chemin
l'envol gracile
d'un aigle à l'oeil perçant
il allait vers là-bas
univers d'étoiles
grillages
barbelés
au fil des "soi"
cascade
:
je compte
l'espace offert
l'encerclement du silence
il y a des pas qui ne mènent
des mots ne se peuvent
les fils d'eaux se retiennent
dans la tempête des os
la vie vaine, parfois

Ecrirais-je les heures harnachées - bétonnées
Le solidement pourri , le solidement fini
Irais-je par-delà, clin d'oeil à la poussière d'éther
Au loin, la montagne nue, le pays sans
virage
sculpture : Devillers : http://devillers.viabloga.com/