
elle était ce ciel où la voix perçait en silence
cette mue translucide pas tout à fait blanche,
pas tout à fait fixée quelque part
elle était
et le coeur s'en allait
sur ces monts, vers ces vallées
elle aurait voulu
toucher du doigt
l'autre bout de la Terre
être
comme
dans "les dieux sont tombés sur la tête"
être
à la limite du monde
et parler en presque sage
laissons " l'humble "
se faire vautour
les sarcasmes alentours
les rires alambiqués
par eoline
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mini
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Quand Lutin s'y met ! (sourire)
j'aurai peut-être dû la mettre
dans "je voudrais être un coquelicot sauvage" ;-)
que vous pouvez trouver ici : http://secretslutin.canalblog.com/
j'imagine sur Toile !

j'ai cette frayeur
qui me gagne parfois
lorsque nuit tombe
que la vie se peint de gris
comme les couleurs d'une enfance
et ses monstres du placard
(envolées!)
il faudrait peut-être
fermer la serrure
allumer un feu
brûler toutes ces cendres passées
ces derniers vestiges rampants
j'ai vu la nuit se défaire
et le jour prendre nez
peu à peu
les pieds qui avancent
doucement
vers cet univers
où on se claquemure parfois
il faudrait
comme cette mue
qui retient l'essence
laisse cet ancien mourir
il faudrait
laisser mon coeur à la fête
débrancher la télé
se recentrer
s'ouvrir aussi
il faudrait
ne pas oublier
ne pas franchir les mêmes chemins
les mêmes voies noyées
montrer sa faiblesse aussi parfois
sa larme de sel
son presque sourire
je voudrais chanter Colchique
m'inonder de rouge et de bleu ciel
être ce coquelicot sauvage
dans un champ dispersé
cueilli par une main
toute heureuse,
un coeur d'enfant.
* pléonasme voulu

ce cache-cache
d' avec le coeur
il m'est arrivée
de m'affadir
de poser un demi-sourire
sur les fièvres du temps
et c'est la lèvre
empressée
vers l'horizon
toujours neuf
vers ce sans-cesse
renouvelé
Hier était
par eoline
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petit
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La lecture, mes amis, c'est comme la parole d'amour ou comme Dieu le Père:
jouissif en diable, charnel d'abord. (Christian Bobin, Autoportrait au radiateur)
On lit comme on aime, on entre en lecture comme on tombe amoureux:
par espérance, par impatience... trouver le sommeil dans un seul corps,
toucher au silence dans une seule phrase. (Christian Bobin, Une petite robe de fête)
Toute littérature est traduction. Et traduction à son tour, la lecture que l'on en fait... D'où cet autre sentiment selon lequel on n'en aura jamais fini avec les textes que l'on aime, car ils
rebondissent d'interprétation en interprétation...
(Hubert Nyssen, Éloge de la lecture)
Qui inventera jamais la lecture qu'on ne lit pas! La lecture qui s'imprime directement dans le cerveau, et surgit au moment bien choisi, quand on discute
à table.
(Jean-Marie Gourio, Chut!)
J'ai pris un cours de lecture rapide et j'ai pu lire «Guerre et Paix»
en vingt minutes. - Ca parle de la Russie.
(Woody Allen)
On devrait fonder une chaire pour l'enseignement de la lecture entre les lignes.
[ Exégèse des lieux communs ]
Léon Bloy
Je trouve mes lectures dans la lumière du ciel.
- C'est le livre le plus profond qui soit
- et ce n'est pas moi qui en tourne les pages.
[ Tout le monde est occupé ]
Christian Bobin
Je me reproche de n'avoir pas, au jour le jour, transcrit sur un carnet spécial
les phrases glanées au cours de mes lectures, qui méritaient de retenir l'attention,
dont je voudrais me souvenir pour pouvoir les citer au besoin;
[ Journal 1939-1949 Souvenirs, 25 décembre 1942 ]
André Gide
S'il n'y a pas de musique dans les livres, il n'y pas de livres...
[ Cité dans Marguerite Duras (1992) de Christiane Blot-Labarrère. ]
Marguerite Duras
Une lecture amusante est aussi utile à la santé que l'exercice du corps.
[Emmanuel Kant]
La lecture commence les yeux fermés.
[Yvon Rivard]
Extrait de Mort et naissance de Christophe Ulric
écrire
souligner de présence
les absences continues*
ourler de bleu
le gris qui vous démange
la vie qui se dérobe
aller
vers cet envol au loin
puiser
à la source d'un rêve confus
les derniers éclats du jour
lessivée
face à toute cette absurdité
qui gagne du terrain
dans cette terre noyée
de sang et d'eau...
de vies et d'obus...
créer
dans cet espace petit
un petit coin
un mini quelque chose
de cafouilleux qu'importe
"un tiens vaut mieux que deux..."
animer d'un sourire
quelques yeux épuisés
ne pas cesser
jamais
quelque soit
cette capacité que l'on a
à s'autodétruire aussi
"cesser"
de ruminer
comme vache qui pisse
du mauvais lait
à pis aller
aller
de l'aigre
vers la saveur
un peu plus acidulée
sucrée
mettre cette pointe de piment
où le feu nous enjoint...
Aimer.
* ou contiguës
par eoline
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au plus simple
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Sur la mer morte et sur l'idée fleuve du
temps,
s'écoule en années tout mon chemin durant,
ces vents de papiers jusqu'au bateau d'argent,
La Feuille Océan.
Va, sur l'étoile filante et marche au pas.
Tremble sur ces chemins d'espérances et ne te retourne pas.
Il est des passages à vide qui vous remplissent de vous-même,
des brins de vies qui vous submergent dans l'amour comme dans la haine.
Va, rive symphonique sur le fleuve du temps.
Va, où la lumière t'emporte et l'océan t'appelle.
Écris, voix dans la nuit sur le chemin gravé du temps,
toi, qui d'un murmure d'une seule trace de pas, soudain irréelle.
par eoline
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autrefois
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"Chanter sur les os
On dit qu'il existe dans le désert
un lieu où l'âme des femmes et
l'âme des loups se rencontrent,
par-delà le temps." *
vous êtes ce qui m'anime
cet orient où le coeur s'emballe
ce souffle ailé dans la mue d'un serpent
La louve prie sur sa montagne
la lune pleine et féconde
arrache un dernier râle à l'obscur
ressuscite, surgie d'entre les morts
explose de son chant d'enfer
de son antre lovée
la dilatation des corps
la chair poussée sur les os
et disloque les silences
à leurs balbutiements
laissant place à l'essence
dans cet entre-deux
dans cette "rivière sous la rivière" *
* Clarissa Pinkola Estés